juillet 31, 2021

Les Franco-Turcs

Site d information

La petite histoire du croissant

3 min read

Afficher l’image source

onnaissez-vous l’histoire du croissant, cette viennoiserie préférée des Français, symbole de l’art de vivre à la française, de convivialité et de partage entre collègues, amis ou en famille ?

Avant de répondre à cette question, revenons à l’histoire et à l’année 1683.

Mai 1683. Après de longues années de préparatifs, à cheval, à dos de chameau, avec leurs tentes, canons, munitions et ravitaillements, Kara Mustafa Paşa et son armée s’avancent depuis les Balkans, progressant le long du Danube. Surnommé « Mustafa Pacha le sombre », le grand vizir du Sultan Mehmet IV, dont les fonctions sont comparables à celles d’un Premier ministre, marche droit sur Vienne avec ses hommes. Arrivés aux portes de la capitale des Habsbourg en juillet, ils assiègent la ville, puis attendent le moment propice pour l’envahir. En quelques jours, ils deviennent maîtres de la contrescarpe des fortifications, après avoir creusé des tranchées profondes sous les fondations et y avoir posé des barils de poudre et des mines. Alors que la capitale du Saint-Empire romain germanique semble être sur le point de tomber entre leurs mains, le 13 septembre 1683 sonne pourtant le glas pour les Ottomans. Grâce au secours de l’armée impériale arrivée in extremis, les assiégés réussissent à écraser les Turcs.

Les maints efforts et minutieux préparatifs de la Porte Sublime [monument à İstanbul où se rendent les ambassades des pays étrangers, synonyme des Ottomans] sont anéantis en l’espace de quelques heures. Cette seconde tentative d’invasion de Vienne connaît également un échec dont le dénouement sera fatal pour l’Empire ottoman.

D’après la légende, les boulangers, au fournil avant l’aube, auraient entendu l’armée ottomane creuser des galeries souterraines pendant la nuit et auraient alerté les défenseurs de la ville. Après la défaite de l’adversaire, pour célébrer leur victoire, ils auraient confectionné des « Hörnchen » (petites cornes).

Selon une autre version, un Polonais du nom de Franz Georg Kolschitzky, ayant vécu à İstanbul en tant qu’interprète avant de s’installer à Vienne, aurait gardé des habitudes orientales, notamment le goût pour le café, qui n’était pas encore connu chez les Habsbourg. Après le siège, pour le remercier d’avoir contribué à chasser les Turcs, Léopold Ier lui aurait offert quelques 500 sacs de café abandonnés par l’armée ottomane. Kolschitzky aurait ouvert une échoppe pour vendre du café, servi avec une pâtisserie en forme de croissant.

Les deux versions semblent plausibles, mais la première m’évoque quelques souvenirs. L’un de mes professeurs d’université avait raconté cette histoire en cours de linguistique, soulevant la question suivante : d’un point de vue métonymique, manger un croissant reviendrait-il, pour les Autrichiens, à manger une « tête de Turc » ? Selon cette figure de style, la forme de la viennoiserie, similaire au croissant de lune figurant sur les étendards ottomans et symbole du peuple turc, deviendrait, par extension, synonyme des Turcs.

Et vous, qu’en pensez-vous et quelle version préférez-vous ?

Quant à la naissance du mot « croissant » et à son arrivée en France, sa création date de 1545, lors d’un banquet donné en hommage aux grands Turcs par Catherine de Médicis où 40 gâteaux en croissant étaient servis. Des croissants commémorant l’alliance entre François Ier et Soliman le Magnifique (Kanuni Sultan Süleyman).

Le croissant aurait par la suite été importé en France à la fin du XVIIIe siècle, à la suite d’un autre long voyage, avec Marie-Antoinette. Venue avec ses boulangers, la fille de Marie-Thérèse d’Autriche aurait apporté les viennoiseries avec elle à son arrivée en France pour épouser le futur roi de France.

Si vous avez eu l’occasion de déambuler dans les rues de Vienne, sans doute avez-vous remarqué les empreintes laissées par l’Empire ottoman. Saviez-vous, par exemple, que la Marche Turque, Rondo alla Turca, composée par Mozart imitait le style d’un orchestre de janissaires, soldats d’élite de l’infanterie turque ?

Au plaisir de vous retrouver prochainement !

Hatice

1 thought on “La petite histoire du croissant

  1. La Turquie est un pays qui a apporté au monde et inversément. D’après votre histoire, les croissants que achetons dans nos boulangeries tirent leur origine de la culture turque, ça, je l’ignorais et merci de nous avoir éclairé là dessus et encore dans la suite de vos histoire au style simple et bien fignolées.

    A très bientôt

    Basile Netour

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.